Objectifs et Résultats

retourCompte rendu de course
2011-09-11IRONMAN Wales***23

Les jours d'avant course nous ont mis en condition avec Jérémy avec une météo des plus chaotiques. Il était clair après la sortie vélo du vendredi matin et la reco rapide du parcours à pied que la course serait une course de guerrier.

Même si la météo fut avec nous, ce fut une course terrible avec son lot d'embuches dans les 3 disciplines.

Avant le départ, je vois que la houle est importante. Sur la plage de départ pas de barrières allant jusque dans l'eau. Il est alors clair qu'une fois le coup de canon donné, peu de gens se mettront à l'eau en face mais préférerons courir quelques dizaines de mètres sur la plage avant se jeter à l'eau.
Le départ est donné, on se dirige donc vers la gauche sur la plage puis je décide à plonger. D'entrée, je sens la houle et les vagues. La natation sera particulière du début à la fin avec parfois quelques bon creux nous faisant perdre quelques mètres de hauteurs d'un coup. Je produis un effort continu et régulier, peut être un peu en dessous de ce que j'aurais pu faire, mais je voulais sortir très frais vu la transition longue à faire en suivant et la suite des évènements qui nous attendait.

Je sors dans de bonnes conditions, met les basket et me dirige vers T1. Je prend le temps de m'habiller soigneusement, je perds quelques minutes, mais bon, après Francfort, je ne veux prendre aucun risque.

Je pars ensuite en vélo avec de suite un bon rythme. Au bout de 20kms, je me rend compte qu'un de mes prolongateurs se fait la belle. Je tente de le remettre en place mais rien n'y fait. Je trouve auprès d'un concurrent que je dépasse un jeu de clé allen. N'arrivant pas à la remettre nickel en roulant, je m'arrête 20 secondes, les resserre bien tous les deux, et repars. Après avoir rendu les clé à cet athlète qui est pour moi mon sauveur car j'aurais pu tout perdre à ce moment là, je repars sur mon rythme et me reconcentre pleinement sur mon effort.
La partie vallonnée arrive. Je ne calcul alors plus du tout les autre. Je produis et gère mon effort seul. Quelques un s'accrocheront mais je les laisserais faire, en étant confiant sur ma forme pour les lâcher dès les petits raidillons présents un peu partout sur le parcours. Fin de la première boucle très bien. Je me rend compte néanmoins en regardant le chrono que l'effort vélo va être aux alentour des 5h30. Je choisi donc de manger manger et manger. Au km120, le vent de face est très violent, obligé d'être en force pour avancer réellement. Au km140, on m'annonce « 26 overall », je me dis que je suis alors bien dans le course. Je me fait doublé au km150 par un espagnol. Il grimpe à mon allure mais roule pour moi sur le plat trop vite, je le laisse donc partir (je m'apercevrais après course que ce fut le vainqueur en M25-29). Nous repassons sur la fin de parcours très vallonnée. Je la gère au mieux en pédalant le plus véloce possible et en continuant soigneusement l'alimentation.

Avant T2, je soigne bien la récupération dans la longue descente qui nous ramène en ville.
Je fais une transition rapide et part sur le marathon.

Les jambes sont de suite bonnes. Sur les consignes du coach, je ne m'occupe pas de l'allure mais pars à celle qui me convient le plus en ce début de marathon. Sur la première montée, je m'aperçois que les écart entres les athlètes sont très important. Je ne sais pas trop où j'en suis dans le classement. Joëlle m'annonce alors 26 à la fin du premier tour. Je suis alors confiant. Je boucle les deux premiers tours avec de très bonnes sensations. Le 3° tour est plus difficile mais je l'effectue en gérant un maximum pour pouvoir faire un dernier convenable et ne pas exploser. La dernière montée dans le dernier tour sera néanmoins terrible. J'ai les jambes cassées, elle ne répondent vraiment plus trop bien. Avant de basculer je fais un dernier check sur les personnes dangereuses pour le classement. Seuls 2 mecs ont l'air d'être au dessus et se rapprochent très vite mais ils ont plus de 30 ans. Je débranche alors tout et file vers l'arrivée. Les jambes brûles, je serre les dents, ne lâche rien. Dans la dernière ligne droite vers l'arrivée, je me retourne, ne vois personne, mais qu'importe, je ne ralentirais plus. Je passe la ligne en extériorisant ma joie de terminer ainsi. Je m'écroule alors par terre totalement exténué. Je demande aux volontaires de me relever et file dans les bras de Joëlle qui m'a tant soutenu durant cet fin d'été compliquée.

Je file sous la tente, félicite Jérémy pour sa fabuleuse victoire qu'il mérite tellement, et appelle mon père. Il me dis « CONGRATULATION ». Je lui dis «tout dépend de ce que tu vas me dire ». Il m'annonce que je suis 22 au scratch (nb:23° après coup) et 2° de la caté. Je suis alors tout simplement heureux.