Objectifs et Résultats

retourCompte rendu de course
2011-06-05ExtremeMan Salou (distance IM)**4

Réveil à 4h du matin après une nuit de sommeil parfaite où j'ai pu trouver le sommeil rapidement.
Il est temps de déjeuner. Au menu 3 Powerbars et une petite part de Gatosport accompagné d'un café et d'un jus d'orange. Tout se déroule sans trop de stress. A 5h15, départ vers le parc à vélo situé à 300m de notre hôtel. Mise en place des chaussures sur le vélo, gonflage des boyaux … Bref le petit rituel d'avant course habituel ! Après un peu de décontraction sur l'herbe, je met alors la combinaison pour pouvoir aller m'échauffer dans l'eau avant le départ. Quand on peux le faire, je pense qu'il ne faut surtout pas s'en priver. 6H20, il est temps d'aller se placer sur la ligne de départ. Je me place dans les premières positions, tout proche d'un certain Olivier Marceau.

6H30', le départ est donné, le premier virage étant au bout de 250m, je nage à bloc d'entrée sans trop me soucier de la trajectoire, dans le but de m'extraire avant le premier virage du gros de la troupe des quelques 400 personnes au départ. Chose faite, je vire à droite et conserve un gros tempo. Quelques gars devant prennent le large, je ne m'affole pas, je garde mon allure soutenue. Fin du premier tour, sortie à l'australienne, je me retourne, c'est bon, il y a déjà une certaine cassure derrière, et devant il sont 5-6. C'est parti pour le second tour, pas mal de dolphin au début car ce n'est pas bien profond. Je vois alors que je suis suivi par 5 mecs qui restent derrière moi. Dans la grande ligne droite, la visée de la bouée à l'autre extrémité est difficile. Personne ne veut passer devant. Ayant de supers sensations, je ne cherche pas à ce qu'un des mecs passe et je continue sans m'en soucier. Je sors de l'eau en 49' à ma montre. Je me dis d'entrée que les bouées ont du un peu bouger et que le parcours a été un peu plus court que 3800m.

Je sens que la température de l'air est bonne et que le vent est absent. Transition alors rapide, je ne m'habillerais pas plus que singlet + shorty. Je prend alors mon Argon18 E-114, on m'annonce 8ème. Je suis alors confiant pour la suite au vue du sacré parcours vélo qui nous attend.

Le début du vélo est prudent. La sortie de la ville de Salou est faite en tournant bien les jambes sans chercher à rouler très très vite d'entrée. Je m'alimente bien, puis me mets en place sur les prolongateurs et c'est parti pour 30kms en faux plat montant mais très roulant. Je reprend alors l'argentin Escudero, le britannique Hall, je suis très à l'aise. J'aborde le pied de la montée « La Mussara », longue de 10.5kms à 5.8% moy, serein. Jacky Everaerdt, de Tri-Hebdo m'annonce à mi-pente que je suis second à 9' d'Olivier Marceau. Je suis alors surpris car je n'avais pas compté les types repris et que je ne pensais pas être 2nd à ce moment du parcours vélo (35° km). Je continue la montée sur un bon rythme mais toujours bien véloce. L'Argon 18 monté des FFWD F9R monte très bien et ne me gène pas le moins du monde malgré son architecture plus typé pour les parcours roulant. Je continue alors ma marche en avant, je m'alimente beaucoup sur la longue partie descendant qui nous amène au 80° kms car je sais, après avoir reconnu le parcours le jeudi, que les portion de récupération seront quasi absente jusqu'au 140°. Cette parti est en effet constituée que de montée descente, où l'on est toujours en prise sans zone de récupération. Je gère encore très bien le parcours en ne me mettant jamais dans le dur. Je contrôle tout mes efforts aux cardios en permanence et régule ainsi mon allure. Olivier Berraud et Jacky continuent à me fournir les écarts. Marceau, s'éloigne au fur et à mesure du parcours mais derrière, Zamora point toujours à 10'. Nous arrivons alors dans la dernière montée du parcours longue de 6kms. Je me dis alors qu'il est sage de la montée au train sans plus car ensuite au pied de la descente, il restera 30kms très très roulants où il sera possible de faire la différence. La montée s'effectue donc prudemment, je check en regardant en contre bas que derrière, c'est toujours assez loin. J'arrive alors dans le village de Mont Roig del Camp, je vire à gauche au rond point et c'est parti pour 30 kms sur une route « nationale » très roulante. J'en ai alors encore sous la pédale. Je m'alimente à fond et roule à bonne allure. Tout se passe bien. Fin de parcours, arrivée dans la ville de salou, je remet une bonne vélocité. Je termine en un peu plus de 5h30' et 2800m de D+. On m'annonce à 16'30 d'O.M. On m'avait annoncé 19' au 140°, je me dis alors que j'ai certainement mieux fini que lui. Je suis motivé.

Transition très rapide. Je met les chaussettes, chaussures et c'est parti.

Je pars de suite sur un bon rythme, autour des 14 km/h. Je sens que ça va bien, les jambes sont bonnes. Demi tour au bout d'1.9km, je lance un pointage pour voir où en est Zamora (le petit frère qui détient un record à 2h25 sur marathon sec). Il est à 12' au début du marathon. Je ne réfléchis pas trop, prends cette info et continue sans me soucier de l'écart tellement nous ne courons pas dans la même catégorie. Je croise au bout de 6kms Olivier Marceau. Il check le temps lui aussi. Je me déconcentre 2'' en me disant que je ne suis pas du même calibre et que je ne suis pas un danger pour lui. Je reprends alors ma concentration. Les premiers 10kms sont bouclés en moins de 44'. Tout va bien. Le second tour passe bien, Olivier prend de l'avance et Zamora revient fort. Je passe au semi-marathon avec Zamora dans mes baskets en 1h36'. Zamora me passe. Je m'accroche dans sa foulée quelques mètres, il me voit et met une accélération pour me lâcher. Je lâche prise, je retourne dans mon rythme. Je vois aussi que sur ce second tour, O.M ne m'a rien repris. Le 3° tour se passe bien même si les jambes commencent à être douloureuses. Je me rapproche à ce moment de Zamora, qui connait une défaillance et je suis en 3° position avec 6' d'avance. J'entame le dernier tour, motivé comme jamais, toujours en troisième position. Au premier demi-tour du circuit, je vois que Zamora a retrouvé ses jambes et qu'il repart fort et que j'ai repris du temps à Olivier Marceau. Je passe au 33.5kms en moins de 2h40'. Tout va bien, la baisse de rythme du troisième tour n'a pas été si forte. Je check l'écart avec le 4°, l'argentin Escudero. Il est toujours à 6' au 35°. Dans une zone montante, je marche alors 3-4m pour m'alimenter. Je repars, et là, une douleur sur l'extérieur du genou me lance, je cours alors en boitant et je dois m'arrêter une première fois. Je repars mais je dois m'arrêter 10m plus loin une nouvelle fois. J'essaie alors plusieurs types de foulées mais rien n'y fait, je ne peux plus courir. La douleur est trop forte. La panique m'envahis, je me dis que ce n'est pas possible, je peux pas tout perdre maintenant. On est alors au 37° km. Je marche alors jusqu'au demi tour au 38.5° km. Au demi tour, je croise le 4°, qui me voit marcher. La partie est désormais descendante, je ré-essais. Je ne ressens alors plus aucune douleur. Je ne cherche pas à comprendre et met le turbo. Je serre les dents. Le vélo ouvreur m'encourage et me dis que ça peut le faire. J'y crois. Mais au 41° km je me retourne et vois l'argentin à 10m de moi avec lui aussi 2 vélos avec lui. Les vélos encouragent tout le monde et s'éclatent à voir ce fait de course. Moi beaucoup moins. J'essaie d'accélérer pour tenter de l'accrocher au moment où il me dépasse mais ça va trop vite. Une fois passé, mentalement, je m'écroule, je vois ce podium, qui pour moi et au vue de la journée était mérité, qui s'envole. Je franchis la ligne 1' derrière l'argentin. Je suis effondré, je ne savoure même pas l'arrivée de cette course qui est néanmoins une réussite.

Petit clin d'œil en tout cas à Israël Escudero, qui est venu me voir juste après l'interview d'après course pour me féliciter. J'ai vraiment apprécié son geste même si ça n'enlève rien à ma déception du moment. C'est cette mentalité que j'aime dans notre sport.