Objectifs et Résultats

retourCompte rendu de course
2010-08-01Ironman de Regensburg (Allemagne)***43

Il est 4h15 le réveil sonne. Le jour J est enfin arrivé. Contrairement à d’habitude, la nuit a été bonne et de qualité. Je ne saurais pas dire pourquoi car la pression et le stress de la course furent bien là les deux derniers jours précédents. Le petit déjeuner pris dans la chambre d’hôtel, je retrouve dans le hall mes collègues du BMT avant de nous rendre sur le site de départ. Nous arrivons un petit quart d’heure plus tard au Gugenberger See où sera donné le départ. L’ambiance dans le parc est particulière comme d’habitude, tout le monde se regarde un peu, chacun effectue les derniers préparatifs minutieusement… 6h40, je me dirige vers la plage où une majeur partie des concurrents sont déjà en place. Sans souci, j’arrive à me placer en première ligne. Échauffement rapide et il n’y a plus qu’à attendre les 5 dernières minutes avant 7h00, en n’essayant de pas trop gamberger. Je repère alors la seconde de mon polar correspondant au zéro de l’horloge de la course pour ne pas me faire surprendre par le coup de canon et ainsi partir dans le bon timing.

7h00, Pan’! Le départ est donné. L’unique boucle de natation du parcours commence par une longue ligne droite de 800-900m. Je ne me pose alors pas de questions, je vise la bouteille géante POWERBAR et nage vite d’entrée pour pouvoir m’extirper de la masse des 2000 partants. Bizarrement, tout se passe bien et je ne prends aucun coup. J’aperçois même Romuald (Lepers) à côté de moi un peu avant le premier virage. A mi-parcours, je check rapidement la montre. J’aperçois 26’42’’. Je suis surpris mais je me dis que la mi-parcours que j’ai estimé grossièrement n’est peut être pas tout à fais là. Je ne lâche donc rien sur la troisième longueur du parcours. Dernier virage et hop direction l’arche d’arrivée. Sur la fin je mets les jambes pour « chauffer un peu le moteur » avant le vélo.

Je sors de l’eau, je regarde la montre : 53’48’’ (53'46'' officiel). Après quelques interrogations dans l’eau, la confiance est alors bien là et je me dis que la transition doit être rapide pour prendre le vélo avec les bons rouleurs. Je cours alors rapidement au vélo, me change "quickly" et c’est parti!

7h56, je monte sur mon Argon E112, j’aperçois Joëlle qui m’encourage à la sortie du parc c’est parti pour les 180 kms. L’allure est tout de suite bonne. On arrive au km 10, lieu où commence la partie réellement vallonnée du parcours vélo. Dominico Passuello l’italien me passe alors, le rythme est élevé mais pas insurmontable. Je me mets alors à distance et roule derrière lui. Ça roule fort mais ça roule bien. Je rejoins alors au km 20 mon amis Nicolas martin. Nous nous souhaitons bonne course. On sait tous que ces journées là restent uniques pour chacun de nous. Dans une grande descente avant d’arriver sur la commune de Brenneberg, je perds le contact de l’italien. Je ne me mets pas alors dans le rouge pour suivre et reste dans ma course. Les kilomètres passent sans accrocs. Après 25 kms très vallonnés, le parcours devient ultra roulant. Je n’ai pas de compteur mais vu le développement et la cadence, je me dis que le compteur ne descend pas souvent sous les 42 km/h. Les sensations sont là, le moral aussi, je reste alors dans le même rythme sans faire d’effort en plus. Je respecte la stratégie de course établie avant. Je reprends au 60è un autre ami de ma région natale, Nicolas Tardieu. Malheureusement, l’arbitre qui nous suivaient fait du zèle pour les GA et lui colle un noir signifiant 6’ à la prochaine penalty box. Petit point noir sur la course vélo, la partialité des arbitres entre PRO et GA. Un PRO que je ne citerais pas a reçu 8 avertissements verbales (verbaux) et n’a jamais eu de cartons noir alors que beaucoup de GA n’ont même pas eu d’avertissement verbale. La règle est la même pour tous, les sanctions sont les mêmes aussi, leur application doit l’être tout pareil!!! A mi-course, je check ma montre, je suis sur mes bases (38 km/h de moyenne) établies pour le premier tour pour réaliser aux alentours de 4h50. Le second passage dans la partie vallonnée se passe au train sans trop forcer sachant qu’il restera 70km quand nous basculeront en haut. Nous arrivons au 140° km, ça roule toujours bien, le rythme a légèrement baissé mais bon nous sommes dans le deuxième tour, rien de bien grave. Je fais alors quelques étirements et sens la dureté de mes cuisses. A ce moment là (kms 150), je me demande un instant comment je vais pouvoir courir derrière. Les sensations sont toujours très très bonnes. Malgré cela, je décide de ne pas trop accélérer pour faire l’écart car ces petits étirements m’ont un peu fait peur.

Nous arrivons sur Regensburg par des grandes avenues. Je pose le vélo après 4h51’ d’effort. Sur cet IM, c’est nous qui posons nos vélos dans le parc en les pendant par la selle à la barrière. J’aperçois alors 20-30 vélos à vue de nez. Ça fait du bien à la tête et conforte le moral. J’annonce mon dossard au bénévole. Sa collègue prend mon sac et me le donne directement. Je me change, mets les chaussettes de compression et c’est parti !

Dès le début, à ma grande surprise, les jambes répondent bien. Je suis alors à 100% motivé pour courir ce marathon de la meilleure des manières. Un petit check au km 2 m’indique 14.5 km/h. Je ralenti alors comme conseillé par le coach et me mets en dedans pour courir entre 13 et 13.5. Après un petit ralentissement d’allure pour une pause pipi (je sais ce n’est pas glorieux mais pas question de s’arrêter pour un petit pipi), le premier tour est bouclé assez facilement. Le second se passe toujours correctement. Je suis sur les bases de 3h20-3h23 au semi marathon. Je commence malheureusement à sentir des douleurs dans les jambes au début du 3° tour. Je choisi alors de bien gérer ce tour pour pouvoir derrière en remettre une couche dans le dernier tour. Je boucle alors le 3° tour en ayant bien ralenti l’allure (entre 11,5 et 12) mais je ne m’affole pas et reprend le dessus pour ce dernier tour crucial. Joëlle me lance alors «Aller chéri c’est le dernier!». Tout de suite dans ma tête passe l’idée «T’inquiète pas que je sais que c’est le dernier, pas de risque que je prenne le couloir de gauche au prochain passage». L’allure est repartie correctement. Pas pour longtemps car à 8kms de l’arrivée, une ampoule sur le dessous du dernier orteil éclate. Une vive douleur est présente à chaque pas. Je cours comme je peux à ce moment là en essayant de m’appuyer le moins possible sur cette partie du pied. L’allure n’est plus la bonne (11.5). Je me donne un «coup de pied au cul» pour maintenir cette allure et ne rien lâcher malgré la douleur. Je souffre alors vivement mais je ne lâche rien et reste concentré pleinement pour ne pas me faire distraire et perdre le fil. Je perds dans ce tour pas mal de places à cause de cela (10 environ je pense et la place de premier français). A 800 m de la ligne, alors que je double des concurrents, j’entends un « Allez Kévin ». C’est mon ami Nicolas Martin. Je me retourne une fois pour comprendre que c’est lui, puis une seconde fois pour comprendre qu’il a un tour de moins. Je ne suis à ce moment là plus trop lucide et ne sais pas quoi lui réponde (la douleur est vive). Je me dirige vers la ligne d’arrivée. L’adrénaline remonte un bon coup dans les 300 derniers mètres. Je franchi alors la ligne en 43° position en 9h21’.

Une fois la ligne franchie, je suis exténué, physiquement et moralement, je m’écroule sur le tapis d'arrivée totalement crevé (voir photo). Une bonne déshydratation couplée à un état de fatigue avancée concluront les médecins (il m’en ont appris une bonne à ce moment là lol). Je bois alors beaucoup durant 10 minutes. Je sorts ensuite de la tente et rassure Joëlle en lui faisant signe que tout va bien. J’ai juste beaucoup de mal à marcher!

Au final, une très grande satisfaction malgré cette petite déception du dernier tour. Je termine néanmoins dans un temps très correct et fini 1er du club (satisfaction de plus) devant des personnes plus qu’aguerries à la distance comme R.Lepers ou Y.Henry.

Une course qui à coup sur, me servira beaucoup pour les prochaines échéances à venir !